Garoua, 22 avril 2026 (CAPnews) – La filière coton camerounaise mobilise chaque année environ 60 milliards de FCFA de crédits de campagne destinés aux producteurs. Ce financement, consacré à l’acquisition d’intrants et d’équipements agricoles, profite aux cultivateurs encadrés par la Société de développement du coton (Sodecoton) dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord. L’enveloppe a été révélée le 31 mars 2026 à Garoua, lors d’une présentation de la filière par la Sodecoton. Selon l’entreprise, entre 150 000 et 200 000 producteurs sont concernés.
Dans la pratique, ces ressources sont souvent mobilisées par l’État du Cameroun auprès d’un bailleur de fonds international, puis rétrocédées à la Sodecoton. L’entreprise publique les met ensuite à disposition de la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC Cameroun), qui se charge de leur distribution aux producteurs ainsi que de leur recouvrement. Depuis 2004, l’approvisionnement en intrants et en matériels agricoles de l’ensemble de la filière lui revient entièrement.

Le taux de remboursement de ces crédits atteint très souvent 100 %. Le recouvrement est effectué par prélèvement direct sur les revenus issus de la vente de la production des bénéficiaires. « Grâce à l’assainissement de la filière, les producteurs sont très sérieux et disciplinés », explique Mohamadou Bayero, directeur général de la Sodecoton. « Celui qui ne rembourse pas son crédit d’intrants de la précédente campagne ne l’obtiendra pas pour la suivante, et en cas de récidive, il peut être rayé de la liste des producteurs de coton. »
Outre la distribution des intrants et la professionnalisation des producteurs, la CNPC Cameroun a mis en place des banques de céréales dans les bassins cotonniers. L’objectif est de permettre aux producteurs d’accéder à des denrées à prix abordables pendant la période de soudure, dans un contexte de forte vulnérabilité alimentaire dans les régions septentrionales. « Nous voyons souvent des producteurs aller jusqu’à désinvestir pour pouvoir rembourser leurs crédits », ajoute le directeur général, saluant le travail de sensibilisation mené sur le terrain par la confédération.
