Yaoundé, 18 avril 2026 (CAPnews) – Le pape Léon XIV effectue depuis le 15 avril une visite au Cameroun aux dimensions à la fois liturgique et politique. Quatrième voyage d’un souverain pontife en quarante ans sous la présidence de Paul Biya, ce déplacement vise à renforcer la foi d’environ 40 % de Camerounais catholiques, tandis que le logo officiel associe une Bible ouverte à la carte nationale et une colombe dorée, avec la devise « Que tous soient un » (Jean 17,21) – un appel à l’unité face aux velléités séparatistes.

Devant le président Paul Biya, la société civile et le corps diplomatique réunis au Palais de l’unité le 15 avril, le pape a tenu un discours sans concession. « Il faut briser les chaînes de la corruption qui défigurent l’autorité », a-t-il déclaré, ajoutant que « la loi est un rempart sûr contre les caprices des riches ». Il a appelé à des institutions « justes et crédibles » et plaidé pour une « paix désarmée et désarmante », invitant dirigeants et citoyens à un examen collectif de conscience.

Le 16 avril, à Bamenda, épicentre de la crise anglophone, Léon XIV a dénoncé depuis la cathédrale Saint-Joseph « les seigneurs de la guerre » qui dépensent des milliards pour tuer tandis que manquent les ressources pour soigner et éduquer. Il a également fustigé ceux « qui manipulent la religion et jusqu’au nom même de Dieu pour leur propre profit militaire, économique et politique », affirmant que le monde « est détruit par quelques tyrans et maintenu sur pied par une myriade de frères et sœurs solidaires ».

Ces prises de position répondent implicitement aux violentes attaques verbales du président américain Donald Trump contre le souverain pontife. Léon XIV a assumé son propos : « Je n’ai ni peur de l’administration de Trump, ni de dire le message de l’Évangile. » Le chef de l’Église catholique, dont la parole peut déplaire aux politiques comme à certains ecclésiastiques, poursuit ainsi la tradition de ses prédécesseurs en visitant un pays marqué par des enjeux sécuritaires et sociaux.
