Garoua, 21 avril 2026 (CAPnews) – L’aggravation de la crise énergétique dans les régions de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord ne se dément pas. Les délestages y rythment désormais le quotidien des populations, tandis que le planning de rationnement de l’électricité, censé apporter un minimum de prévisibilité, n’est plus respecté. Faits et chiffres confirment une dégradation rapide de la situation.
À l’origine de cette pénurie : la chute drastique de la production du barrage de Lagdo, principale source d’alimentation électrique du Septentrion. Selon les responsables d’Eneo, l’infrastructure a perdu près de 80 % de sa capacité opérationnelle, ne délivrant plus que 20 % de sa puissance nominale. Dans le même temps, la demande régionale augmente de 10 à 15 % par an, creusant un écart structurel entre l’offre et les besoins.
Pour compenser ce déficit, l’opérateur a intensifié le recours aux centrales thermiques, une solution d’appoint particulièrement onéreuse. Rien que pour avril 2026, environ 2,774 milliards de FCFA ont été mobilisés pour l’approvisionnement en carburant, soit l’équivalent de 76 camions destinés aux centrales de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord. Cette dépendance aux hydrocarbures alourdit considérablement les charges d’exploitation d’Eneo.
Malgré ces contraintes financières, l’entreprise met en avant des efforts d’investissement. La capacité de production dans le Nord a été portée de 76 à 174 MW depuis 2015, et le renforcement des centrales solaires de Maroua et de Guider est en cours. À plus long terme, la connexion du réseau du Grand-Nord à celui du Sud est envisagée comme solution structurelle. En attendant, chaque jour, les villes du Septentrion broient du noir.
