Yaoundé, 20 avril 2026 (CAPnews) – Le bassin de Logone Birni, dans l’Extrême-Nord camerounais, pourrait sortir d’une hibernation de plus d’une décennie. Si la levée de la force majeure se confirme, elle marquerait un tournant pour un projet gelé depuis mai 2014 en raison de la dégradation sécuritaire liée aux incursions de Boko Haram. Cette évolution ouvrirait la voie à une reprise des travaux d’exploration sur une zone considérée comme l’un des potentiels majeurs du domaine pétrolier national.
Couvrant environ 27 000 km², le bassin de Logone Birni a fait l’objet en avril 2009 d’un contrat de partage de production entre l’État du Cameroun et la société chinoise Yan Chang. Le contrat portait sur les blocs de Zina et Makary, représentant 8 506 km² attribués à l’opérateur asiatique. Les opérations ont été interrompues en mai 2014 par l’instauration d’un cas de force majeure, dans un contexte d’intensification des menaces sécuritaires liées à la secte islamiste.
Dès 2020, la Société nationale des hydrocarbures (SNH) pointait les effets de cette instabilité sur le développement du secteur. L’entreprise publique expliquait alors que les crises sécuritaires avaient freiné la promotion des blocs libres, les investisseurs faisant preuve de prudence. À cette époque, deux zones de recherche étaient suspendues pour force majeure : Bakassi (Sud-Ouest) et Zina-Makary (Extrême-Nord). Sans chiffrer les pertes, la SNH rappelait que l’exploration est essentielle pour renouveler des réserves nationales, dans un contexte de vieillissement des champs en production.
Avant l’interruption, les perspectives de Zina-Makary étaient jugées encourageantes. Un premier forage réalisé en 2011 avait donné des résultats prometteurs, et un second puits était attendu en 2012. Selon l’administrateur-directeur général de la SNH, Adolphe Moudiki, la volonté de l’entreprise est d’accroître les réserves nationales via l’intensification de la recherche. La levée de la force majeure constituerait donc un enjeu stratégique, au-delà du seul bloc de Zina-Makary : elle pourrait redynamiser l’investissement dans l’amont pétrolier et soutenir l’effort de renouvellement des réserves, un impératif pour un pays dont la production reste largement tributaire de champs matures.
