Yaoundé, 22 juillet 2026 (CAPnews) – Ah, le Cameroun ! Ce pays béni des dieux du suspense où l’on attend moins le prochain train à grande vitesse que le prochain décret présidentiel. C’est devenu le sport national, le Loto-Remaniement : chaque semaine, les officines de la rumeur nous sortent leur petit catalogue de la friperie ministérielle, joliment baptisé « Prochain Gouvernement ».
À lire ces listes circulant sur WhatsApp, on se croirait dans un épisode inédit de The Walking Dead, version administrative. C’est un véritable festival de la nostalgie et du recyclage haut de gamme.
Le retour des vieilles baudruches usées
D’un côté, nous avons les éternels rescapés, ces dinosaures de la République dont le CV ressemble à un casier judiciaire des incompétences notoires. Des figures usées jusqu’à la corde, trouées par les scandales, éclaboussées par les dossiers, mais qui, par je ne sais quel miracle vaudou, refusent obstinément de faire valoir leurs droits à la retraite.
Ils ont tout gâché, tout usé, tout pillé, mais on nous les vend encore et toujours comme les sauveurs de la patrie. La valse des maroquins, chez nous, a des airs de bal des vampires : on change les danseurs de place, mais la musique funèbre reste exactement la même. C’est à se demander si le pays souffre d’un manque cruel de talents ou si le formol est devenu la denrée la mieux gérée du budget de l’État.
L’invasion des improbables
Et puis, pour faire « moderne » et « jeune », les faiseurs de listes nous collent de l’improbable. Des parfaits inconnus surgis de nulle part, dotés d’une virginité politique tellement douteuse qu’elle fait tousser les plus naïfs. Des technocrates de salon, sortis de laboratoires obscurs, dont le principal fait d’armes est d’avoir réussi à briller par leur inexistence jusqu’à présent.
On nous les présente comme le « renouveau », le souffle d’air frais qui va moderniser la machine étatique. En réalité, ce sont juste de nouveaux commis dociles, prêts à signer n’en importe quoi pourvu qu’on leur accroche une cocarde sur le capot de leur V8 flambant neuf.
Le grand théâtre de l’illusion
Au fond, à quoi bon s’exciter sur ces listes fantoches ? Que ce soit Pierre, Mohamadou ou James, le système a cette merveilleuse capacité d’aseptiser toutes les bonnes volontés et de recycler toutes les canailles. Le casting change peut-être sur le papier, mais la pièce jouée sur la scène nationale reste une tragédie bouffonne, écrite par les mêmes metteurs en scène de l’immobilisme.
Alors, chers compatriotes, continuez à relayer vos petits pronostics sur les réseaux sociaux. Amusez-vous bien. Pendant que vous jouez aux pronostiqueurs de cabinet ministériel, les marionnettistes, eux, continuent de tirer les ficelles dans l’ombre, hilares, en attendant que le prochain décret vienne nous rappeler que rien ne change, surtout pas le pire.
