Yaoundé, 23 juillet 2026 (CAPnews) – Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti présidentiel, a convoqué une séance de travail exceptionnelle de ses hauts cadres, mercredi 22 juillet 2026 au palais des Congrès de Yaoundé. Cette réunion intervient alors que le chef de l’État et président national du parti, Paul Biya a quitté le Cameroun le 7 juin dernier pour un « court séjour privé en Europe » et n’a pas reparu depuis, soit quarante-cinq jours d’absence. Le secrétaire général du Comité central, Jean Nkuete, qui présidait les travaux, n’a pas explicitement lié cette concertation à la prolongation du séjour du président.

Préparation électorale et feuille de route
La rencontre avait pour objectif d’élaborer une stratégie pour les prochaines élections municipales et législatives. Le parti a célébré le dixième anniversaire de ses délégations régionales et défini un programme quinquemestriel. Celui-ci prévoit notamment un renforcement de la présence sur le terrain pour contrer la désinformation numérique, un règlement anticipé des contentieux liés à l’investiture des candidats locaux, une meilleure promotion des femmes et des jeunes au sein des structures de campagne, ainsi qu’une mobilisation accrue des ressources financières pour préserver la majorité parlementaire. « Nous devons conserver notre titre de champion avec ardeur, panache et combativité », a déclaré Jean Nkuete.

Absence présidentielle et controverse politique
La tenue de cette réunion intervient dans un climat de vives spéculations sur l’état de santé et la localisation du président Biya. Selon des informations du média Jeune Afrique, le chef de l’État se trouverait en Suisse pour y recevoir des soins dans une clinique privée à Genève. Face à la polémique, le ministre d’État et secrétaire national à la communication du RDPC, Jacques Fame Ndongo, a affirmé le 21 juillet qu’« il n’y a aucune vacance de pouvoir au sommet de l’État » et que le président suit « méticuleusement les dossiers » par voie électronique. L’opposition, en particulier l’Union démocratique du Cameroun (UDC) et le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), a cependant appelé les autorités à clarifier les modalités de la continuité de l’État.

Enjeux institutionnels
Le débat sur la vacance du pouvoir a été relancé par plusieurs constitutionnalistes et figures de l’opposition, qui estiment que l’absence prolongée du président soulève des questions sur l’exercice effectif de ses fonctions. L’UDC a rappelé que la révision constitutionnelle d’avril 2026 a réintroduit la fonction de vice-président, sans toutefois que ce poste ait été pourvu. Le RDPC, par la voix de ses responsables, insiste sur le fait que le président demeure à la tête de l’État et que le parti poursuit ses préparatifs électoraux en attendant son retour.
