Yaoundé, 24 juillet 2026 (CAPnews) – Le ministère camerounais de la Promotion de la femme et de la famille (MINPROFF) a publiquement dénoncé, ce jeudi 23 juillet, la recrudescence de contenus jugés contraires à l’éthique et aux valeurs sociales sur les réseaux sociaux. Dans une déclaration officielle, le département ministériel a exprimé « sa profonde préoccupation » face à des comportements qui banalisent la violence, la consommation de substances nocives et la dépravation des mœurs, tout en érigeant le gain facile en modèle pour une partie de la jeunesse. Toutefois, cette mise en garde, ferme dans son vocabulaire, ne s’accompagne d’aucun dispositif nouveau – qu’il soit répressif, éducatif ou économique – pour endiguer un phénomène que les autorités elles-mêmes qualifient d’« inquiétant ».

Interrogés sur la portée de cette annonce, plusieurs observateurs et acteurs associatifs ont souligné le contraste entre la vigueur du discours officiel et l’absence de solutions structurelles. Ils relèvent que le gouvernement se borne à un appel à la responsabilité individuelle – adressé aux jeunes filles pour un « retour aux comportements sains » et aux parents pour un renforcement de l’encadrement familial – sans s’attaquer aux causes profondes du malaise. Parmi celles-ci figure en première ligne le chômage endémique, qui touche plus de 40 % des jeunes selon les dernières estimations de l’Institut national de la statistique, et qui pousse une frange de la génération montante à chercher dans la notoriété virtuelle une alternative à l’absence de perspectives professionnelles.
Dans son communiqué, la ministre ABENA ONDOA née OBAMA Marie Thérèse a réaffirmé que « la dignité de la personne humaine est non négociable » et a condamné « toutes formes d’abus à l’égard des femmes ». Pour autant, les outils opérationnels évoqués – la ligne verte 116, la campagne « je protège l’enfant partout, fais de même » et les Centres de Promotion de la Femme et de la Famille – étaient déjà en place avant la montée en puissance des dérives signalées. Leur réactivation, bien que saluée par les défenseurs des droits de l’enfant, est jugée insuffisante par une partie de la société civile, qui estime que ces dispositifs, conçus pour une logique d’assistance et de signalement, ne répondent pas à l’urgence sociale d’une jeunesse privée d’emploi et de modèles positifs.
En l’état, le gouvernement camerounais n’a donc annoncé ni plan de lutte contre la précarité juvénile, ni campagne de formation numérique à grande échelle, ni révision du cadre juridique encadrant les contenus en ligne. Alors que les plateformes sociales continuent de voir proliférer des vidéos et publications aux effets controversés, le MINPROFF maintient une position essentiellement exhortative, laissant planer le doute sur sa capacité à traduire ses mises en garde en actions concrètes. « Protéger une fille, c’est construire le Cameroun de demain », affirme le ministère en conclusion, mais, pour l’heure, les observateurs attendent que cette ambition dépasse le stade des mots pour s’incarner dans une politique publique cohérente et dotée de moyens effectifs.
