Maroua, 28 juillet 2026 (CAPnews) – De violentes précipitations se sont abattues sur Maroua ces derniers jours, provoquant d’importantes inondations dans plusieurs quartiers de la capitale régionale de l’Extrême-Nord. Doursoungo, Pitoaré, Hardé, Lopéré, Doualaré, Douggoï et Palar figurent parmi les zones les plus touchées, où les eaux de ruissellement ont rapidement envahi les habitations, les rues et de nombreux axes de circulation. Dans certains secteurs, les caniveaux, incapables d’absorber des volumes d’eau tombés en ce mois de juillet finissant, ont débordé, transformant les chaussées en véritables cours d’eau.

Des axes routiers coupés et des accidents en série
La situation est particulièrement critique au pont de Palar, où les eaux ont largement submergé la chaussée, rendant le passage des véhicules et des motocyclistes extrêmement dangereux. Plusieurs accidents matériels ont été signalés, et des témoins font état de conducteurs surpris par la force du courant, tandis que d’autres ont préféré faire demi-tour. Face à la montée des eaux, de nombreux habitants ont tenté de protéger leurs maisons en érigeant des digues de fortune ou en évacuant leurs biens vers des zones plus sûres. L’activité économique a également été perturbée, de nombreux commerces ayant dû fermer temporairement.

Des infrastructures d’assainissement saturées
Comme à chaque saison des pluies, ces inondations mettent en lumière les carences chroniques du réseau de drainage de Maroua. L’insuffisance des ouvrages d’assainissement, l’obstruction des caniveaux par les déchets et une urbanisation rapide favorisent les débordements dès les premières fortes précipitations. La saison pluvieuse, dont le pic se situe généralement en juillet et août, expose la ville à des risques récurrents. Les populations locales appellent les autorités à renforcer les mesures de prévention, notamment par le curage régulier des caniveaux, l’aménagement de nouveaux réseaux d’évacuation et la sécurisation des points sensibles comme le pont de Palar.

Une vigilance renforcée en début de saison
Les services de la protection civile et les autorités administratives suivent de près l’évolution de la situation. Aucune perte en vie humaine n’était encore signalée au moment de la rédaction de ce papier, mais les risques demeurent élevés en cas de nouvelles précipitations dans les prochaines heures. La saison des pluies ne fait que commencer, et les habitants de Maroua redoutent déjà de nouveaux épisodes d’inondation, dans une région où plus de 200 000 personnes avaient déjà été affectées par des crues en 2025 selon l’OCHA. Les usagers de la route sont également invités à redoubler de prudence durant cette période.
