Yaoundé, 1er août 2026 (CAPnews) – Au Cameroun, tout s’achète, tout se vend, et surtout, tout se signe… à distance. Quand une publication claironne benoîtement que « c’est Paul Biya qui autorise » de nouveaux emprunts, on frôle le chef-d’œuvre d’humour involontaire.
Le grand ordonnateur de la République et… grand absent perpétuel dont le sens du timing relève du mystère mystique, aurait donc, entre deux séjours au calme loin des brumes de Yaoundé, daigné lever le petit doigt pour parapher le carnet de chèques. Un véritable miracle de l’ubiquité administrative : le chef de l’État signe des conventions de dettes avec la régularité d’une éclipse, prouvant au monde stupéfait que l’on peut diriger un pays par procuration.
Mais à ce jeu-là, la frontière est mince entre la fiction institutionnelle et le théâtre de l’absurde. On en vient à se demander qui tient réellement la plume quand tombent ces fameux vrais-faux décrets sortis tout droit de cabinets occultes où l’on gère le pays en roue libre. Des textes parachutés on ne sait où, contresignés on ne sait par qui, mais qui engagent, au centime près, l’avenir des générations futures dans de pharaoniques spirales d’endettement.
On nous vend l’image d’un monarque clairvoyant qui pilote la barque. Mais de quel pilote parle-t-on ? Celui dont le séjour prolongé hors des frontières nationales a fait dire à la presse internationale qu’il était le « vacancier au pouvoir » ? Finalement, gouverner par le vide a un avantage indéniable pour les coulisses : pendant que le grand absent contemple les paysages d’ailleurs, le véritable pouvoir s’exerce par procuration, et ce sont les Camerounais qui héritent de la facture.
