Yaoundé, 29 avril 2026 (CAPnews) – C’est une journée décisive qui s’est ouverte ce matin à l’immeuble siège du Ministère des Travaux Publics. Sous la présidence d’Emmanuel Nganou Djoumessi, la 10ème session du Comité National de Pilotage des programmes routiers a officiellement lancé la bataille de l’exécution pour l’exercice 2026. Avec une enveloppe de plus de 337 milliards de FCFA, l’État ne se contente plus d’annoncer des chantiers, il doit désormais transformer les promesses de bitume en réalités tangibles pour les usagers.

Pour le gouvernement, l’année 2026 n’est pas une simple étape de plus, mais un point d’inflexion. Le Plan de Travail Budgétaire Annuel (PTBA) 2026, estimé à 337 504 382 617 FCFA TTC, marque une volonté de rationalisation. Si ce montant est légèrement inférieur aux 367,5 milliards de 2025, l’objectif affiché est celui de l’efficience. Le Ministre Emmanuel Nganou Djoumessi a relevé quelques ratés même si reste confiant « nous n’avons pas entièrement atteint nos objectifs, et ce pour diverses raisons. Les rendements des entreprises ne sont pas satisfaisants, car leurs capacités financières sont faibles. Il y a également la forte pluviométrie qui contribue à dégrader les axes routiers. Je voudrais croire que les entreprises sélectionnées cette fois-ci s’investiront convenablement, d’autant plus qu’il s’agit là de travaux d’entretien. »

Les corridors de l’émergence sur le grill
Sur la table des discussions, plusieurs dossiers brûlants, la priorité absolue est donnée à la reconstruction de tronçons vitaux pour l’économie nationale et régionale. En tête de liste : l’axe Ngaoundéré-Garoua, le corridor Mora-Dabanga-Kousséri, ainsi que la route Edéa-Kribi.
Le désenclavement n’est pas en reste avec la poursuite des travaux sur la Ring Road et le lancement attendu du projet Ngatt-Fébadi-Likok. Pour les populations du Grand Nord, les réhabilitations des sections Maroua-Moutourwa et Magada-Yagoua constituent des attentes fortes auxquelles le PTBA 2026 va tenter de répondre.
Une coalition internationale en soutien
La force de cette programmation réside également dans la solidité de ses appuis financiers. Depuis 2001, plus de 2 076 milliards de FCFA ont été mobilisés par les partenaires techniques et financiers. La note d’information officielle rappelle l’engagement constant de la Banque Africaine de Développement (BAD), de la Banque Mondiale, de la BID, de la BDEAC, ainsi que de partenaires bilatéraux majeurs tels que la JICA (Japon), l’AFD (France) et l’Union Européenne.
Ce soutien massif a déjà permis de livrer des axes structurants comme Sangmelima-Mintom ou Batchenga-Yoko-Lena. Mais en 2026, l’exigence des bailleurs de fonds rejoint celle de l’État : chaque franc décaissé doit répondre à une norme de qualité et de durabilité stricte, tout en intégrant des projets connexes pour les populations riveraines.
Malgré ces chiffres impressionnants, le défi de la concrétisation reste entier. Le Ministère des Travaux Publics reconnaît lui-même que l’élaboration de ce plan s’appuie sur les « leçons tirées » des échecs passés.
L’adossement des fonds aux exigences des lettres de décaissement sera, cette année, scruté à la loupe.
La gestion du transport multimodal inclue désormais une vision aéroportuaire et la facilitation du transit en zone CEMAC va permettre que le Cameroun joue sa crédibilité de hub logistique régional. Pour chaque camerounais, le succès de cette 10ème session ne se mesurera ni en milliards, ni en commissions de pilotage, mais bien à la qualité du bitume sous ses roues.
