Bertoua, 25 juillet 2026 (CAPnews) – Après Batouri, l’UNICEF a organisé une nouvelle session de travail participative à Bertoua, dans le cadre de l’élaboration de la stratégie de Changement Social et de Comportement (SBC) dédiée à la nutrition des adolescentes. Cette rencontre s’inscrit dans une approche qui entend placer les jeunes filles au cœur des processus décisionnels, conformément au principe « Rien pour nous, sans nous ». La malnutrition demeure un problème récurrent dans la région de l’Est, où elle touche environ un enfant sur trois, selon les données de l’UNICEF.
Une mobilisation multisectorielle au bureau de l’UNICEF
Trente adolescentes, issues de divers horizons, ont été réunies aux côtés de représentants d’organisations de la société civile et d’acteurs sectoriels. Le chef du bureau de zone de l’UNICEF à Bertoua a rappelé que la participation active des filles ne saurait se limiter à un rôle de simples bénéficiaires : elles sont les co-architectes des politiques et des programmes qui les concernent directement. Ce bureau, ouvert en 2012, couvre les régions de l’Est et de l’Adamaoua et intervient notamment dans les domaines de la santé, de la nutrition et de la protection de l’enfance.
Le « bien-être » redéfini par les principales intéressées
Au fil des échanges, les participantes ont décliné leur conception du bien-être autour de trois piliers indissociables : une bonne santé physique, une bonne santé mentale, et un environnement sain et sécurisé. Cette définition, issue de leur vécu et de leurs réalités quotidiennes, élargit la vision traditionnellement médicale de la nutrition pour intégrer des dimensions sociales et psychologiques. Dans les régions de l’Est et de l’Adamaoua, la présence prolongée de réfugiés centrafricains et de déplacés internes exerce une pression supplémentaire sur des ressources déjà limitées, rendant d’autant plus cruciale une approche inclusive des besoins des adolescents.
Des solutions concrètes pour renforcer la lutte contre la malnutrition
En s’appuyant sur leur expérience de terrain, ces jeunes filles ont identifié des approches concrètes et des solutions innovantes, destinées à améliorer les indicateurs nutritionnels et à faire reculer la malnutrition chez les adolescentes de l’Est du Cameroun. Leurs contributions alimenteront directement la stratégie SBC, dont l’objectif est de prévenir et réduire la prévalence de la malnutrition aiguë, du retard de croissance et des carences en micronutriments. En 2024, plus de 85 000 enfants, dont 53 % de filles, ont bénéficié d’un traitement contre la malnutrition aiguë sévère dans des structures de santé soutenues par l’UNICEF à travers le pays, soulignant l’ampleur des besoins et l’importance d’une réponse adaptée aux spécificités locales.
