Maroua, 26 juillet 2026 (CAPnews) – Face aux défis sécuritaires et climatiques qui fragilisent la région de l’Extrême-Nord, le gouverneur Midjiyawa Bakari a initié une marche sportive baptisée « Extrême-Nord en forme ». La région est confrontée à une crise multidimensionnelle : les attaques récurrentes du groupe terroriste Boko Haram depuis une décennie, auxquelles s’ajoutent les effets du changement climatique – précipitations irrégulières, hausse des températures et épisodes de sécheresses et d’inondations. Ces tensions, notamment autour de l’accès aux ressources en eau et aux terres fertiles, ont généré des violences intercommunautaires et des déplacements de populations.
Une marche pour l’endurance et le « fighting spirit »
L’initiative vise à renforcer la résilience des acteurs engagés dans le développement de la région à travers la promotion de l’activité physique et de l’endurance. « Nous avons pour mission de travailler à la reconstruction et au développement de l’Extrême-Nord. Le sport a pour vertu l’endurance et la résilience, le maintien du corps en bonne santé et d’inculquer le fighting spirit nécessaire pour vaincre les résistances au développement et relever tous les challenges », a déclaré Evariste Atanaga Zoa, secrétaire général des services du gouverneur. La marche a rassemblé plusieurs milliers de participants, dont des représentants des services déconcentrés, des forces de défense et des populations locales.

Un contexte marqué par les crises et les déplacements
Nommé gouverneur en 2014, Midjiyawa Bakari a pris ses fonctions dans un contexte d’insécurité lié aux incursions de Boko Haram. La région de l’Extrême-Nord, frontalière du Nigeria et du Tchad, est également confrontée à des tensions communautaires exacerbées par la raréfaction des ressources naturelles. En août 2021, des affrontements entre éleveurs arabes choas et pêcheurs mousgoums pour l’accès aux eaux du fleuve Logone ont fait une centaine de morts et entraîné le déplacement d’environ 100 000 personnes.

Le sport comme outil de cohésion et de développement
En organisant cette marche sportive, le gouverneur entend promouvoir une dynamique de cohésion sociale et de mobilisation collective autour des objectifs de reconstruction. L’activité physique est présentée comme un levier pour cultiver l’endurance nécessaire à la résilience des populations et des acteurs locaux, dans une région où les besoins humanitaires et les défis de développement restent prioritaires. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la capacité des communautés à faire face aux chocs multiples qui affectent le septentrion camerounais.
