Yaoundé, 22 juillet 2026 (CAPnews) – Par une lettre datée du 9 juillet 2026, l’ambassadeur du Cameroun au Brésil, Martin Agbor Mbeng, a réaffirmé le soutien des autorités camerounaises au projet d’implantation du groupe agro-industriel Santa Maria. Ce projet repose sur le transfert de technologies, l’amélioration génétique du cheptel et la formation des éleveurs. Le courrier, adressé à la présidente du consortium, Daniela Vitorino Prudente, intervient alors que le groupe prépare son installation à Ngaoundéré, dans la région de l’Adamaoua, où il envisage de construire une unité de production d’intrants pour la reproduction bovine et d’aliments pour animaux. L’ambassadeur a demandé, par ampliation aux ministères concernés, que « toutes les facilités nécessaires soient accordées » à l’entreprise, dans le cadre de la stratégie nationale d’import-substitution et de la politique de promotion des investissements étrangers.
Une filière bovine en nette contraction
Cette arrivée annoncée survient alors que la production camerounaise de viande connaît un recul marqué. D’après le discours de politique générale du Premier ministre Joseph Dion Ngute, prononcé le 26 novembre 2025, le pays a produit 172 910 tonnes de viande en 2025, contre 235 960 tonnes en 2024, soit une baisse de 63 050 tonnes (−26,7 %) en un an. Ce repli intervient dans un contexte de demande croissante, portée par la démographie et l’urbanisation, ce qui accroît la dépendance aux importations. L’élevage bovin demeure néanmoins la première source de viande avec 68 902 tonnes produites en 2025, devant la volaille (38 914 t), le porc (27 914 t), les caprins (21 249 t) et les ovins (15 931 t).
Un séminaire sur l’insémination artificielle au quatrième trimestre
Santa Maria prévoit d’organiser, au dernier trimestre 2026, un séminaire consacré aux techniques modernes d’insémination artificielle bovine. Selon l’ambassadeur, cette initiative s’inscrit dans la modernisation de la filière et doit contribuer au renforcement des compétences des éleveurs, à l’amélioration de la productivité du cheptel et au transfert du savoir-faire brésilien. Cette démarche rejoint les projets publics, notamment la construction du Centre national de production de la semence animale de Wakwa, dans l’Adamaoua, dont la capacité annuelle est estimée à plus de 500 000 doses de semences bovines et 300 embryons. Sur Instagram, le groupe Santa Maria a salué le soutien diplomatique, y voyant un encouragement à son engagement technique et moral au service du développement économique camerounais.
Un enjeu de sécurité alimentaire
Au-delà de ce seul investissement, l’initiative illustre le recours croissant à la diplomatie économique pour attirer des opérateurs étrangers capables d’apporter capitaux, technologies et compétences dans des secteurs prioritaires. Pour le Cameroun, la conversion de ces annonces en gains mesurables de productivité sera déterminante. Alors que la production de viande s’est effondrée de près de 27 % en un an et que la demande ne cesse de croître, la modernisation de la filière bovine ne relève plus d’un simple objectif agricole : elle devient un impératif de sécurité alimentaire pour le pays.
