Yaoundé, 18 juin 2026 (CAPnews) – Le Cameroun et le Nigeria ont donné un nouvel élan à leur partenariat sécuritaire en signant, le 16 juin à Yaoundé, un mémorandum d’entente militaire. Le ministre camerounais de la Défense, Joseph Béti Assomo, et le chef de la Défense nigériane, le général Christopher Gwabin Musa, ont paraphé cet accord visant à renforcer la coopération bilatérale dans la lutte contre le terrorisme, les trafics transfrontaliers et la criminalité organisée. Cette initiative intervient alors que les deux États partagent près de 1 700 kilomètres de frontière et sont confrontés à des menaces communes dans la région du lac Tchad.
Malgré les progrès réalisés ces dernières années, les groupes terroristes Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) poursuivent des incursions sporadiques, notamment dans l’Extrême-Nord camerounais. À ces attaques s’ajoutent les enlèvements, les trafics d’armes, la contrebande et d’autres formes de criminalité qui exploitent la porosité des frontières. Déjà engagés dans le cadre de la Force multinationale mixte (avec le Tchad et le Niger), Yaoundé et Abuja reconnaissent que la menace reste mouvante et adaptable, justifiant la nécessité d’approfondir leurs mécanismes bilatéraux pour compléter les actions régionales.
Le mémorandum signé prévoit un renforcement du partage de renseignements, une meilleure coordination des opérations militaires conjointes et un accroissement des échanges entre les structures de défense des deux pays. L’objectif est de permettre une réponse plus rapide et plus efficace face à des menaces qui traversent les frontières et échappent souvent aux dispositifs nationaux classiques. Cet accord s’inscrit dans la volonté exprimée par les présidents Paul Biya et Bola Ahmed Tinubu de consolider la paix et la sécurité dans la sous-région, au-delà des seules considérations militaires.
Au-delà de son volet sécuritaire, cette coopération revêt une dimension stratégique et économique : les deux États considèrent désormais la sécurisation des espaces frontaliers comme un préalable au développement des échanges commerciaux, à la libre circulation des personnes et à l’intégration régionale. Dans une zone où les réseaux criminels prospèrent encore sur la faiblesse des contrôles, le renforcement de l’alliance bilatérale apparaît comme un instrument clé pour préserver la stabilité et favoriser la croissance. Pour le Cameroun comme pour le Nigeria, la sécurité du bassin du lac Tchad ne relève plus d’une simple logique de défense, mais constitue un enjeu majeur de stabilité politique, de développement économique et de cohésion régionale durable.
