Yaoundé, 18 septembre 2026 (CAPnews) – Les chiffres du Minesup sur les dettes universitaires ont changé en une semaine. Le communiqué du 11 septembre évaluait la dette académique à 15,498 milliards FCFA. Celui du 18 septembre la porte à 16,959 milliards FCFA. Dans le même temps, le taux de paiement passe de 41 % à 43 %. Ces écarts interviennent alors que le SYNES maintient son mouvement de grève.

Le changement de montant appelle une clarification du périmètre comptable. Le premier communiqué concernait huit universités et la dette 2000-2021. Il indiquait 41 % payés sur 15,498 milliards FCFA. Il signalait aussi un nouveau recensement de la dette flottante, couvrant 2020-2025 et les onze universités d’État. Le second communiqué retient 16,959 milliards FCFA, sans expliquer précisément l’écart de 1,46 milliard.
Les chiffres de l’allocation spéciale présentent aussi des différences. Le 11 septembre, le ministère annonçait 16 milliards FCFA entièrement payés pour 2025. Pour le premier trimestre 2026, il indiquait 4,888 milliards payés sur 5,962 milliards. Le 18 septembre, il annonce le règlement du reliquat du premier trimestre, soit environ 1,769 milliard, puis le démarrage des paiements du deuxième trimestre, pour 4,919 milliards FCFA.


Ces variations posent une question politique et administrative. S’agit-il d’une simple actualisation des bases comptables après le nouveau recensement ? Ou la communication des montants accompagne-t-elle la stratégie gouvernementale face au « Campus mort » ? Rien, dans les documents consultés, ne permet d’établir une volonté de manipulation. Mais l’absence d’explication sur les écarts entretient inévitablement le doute. Une présentation consolidée, poste par poste, permettrait de lever cette ambiguïté.
Le problème dépasse donc désormais le seul niveau des paiements. Il concerne aussi la lisibilité de la dette revendiquée et des engagements annoncés. Tant que les mêmes rubriques produisent des montants différents à quelques jours d’intervalle, le gouvernement s’expose à une contestation sur la transparence de ses chiffres. Pour les enseignants en grève, la question centrale reste inchangée : quels montants sont effectivement dus, lesquels ont été payés et quel calendrier garantit l’apurement du solde ?
