Brazzaville, 29 juillet 2026 (CAPnews) – Paul Malié, directeur de cabinet du ministre des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka, a ouvert ce 27 juillet à Brazzaville un séminaire de la Mission d’assistance technique et de formation de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Cette session, qui se tient jusqu’au 31 juillet, réunit près de cinquante cadres des régies financières du Trésor public congolais, en présence de Serge Dino Daniel Ngassackys, directeur national de la BEAC pour le Congo, et d’Hylarion Stève Ibobi Ollessongo, directeur général adjoint du Trésor. L’objectif est de renforcer les compétences des gestionnaires de la dette publique face à un encours régional qui atteint 10 020,5 milliards de FCFA au 31 mai 2026.

Un marché de la dette concentré et des marges budgétaires sous pression
Dans son allocution, Serge Dino Daniel Ngassackys a détaillé la structure de l’encours de la République du Congo, qui s’élève à 2 966,3 milliards de FCFA, soit 29,6 % du total de la CEMAC. Les Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) détiennent 54,08 % de ce portefeuille, suivis par les établissements de crédit non SVT (24,68 %), les investisseurs institutionnels (17,02 %) et les personnes physiques (4,22 %). Il a toutefois alerté sur deux défis majeurs : une concentration excessive des échéances à court et moyen termes, et une hausse continue du coût des ressources mobilisées, qui réduit les marges budgétaires de l’État. Pour y remédier, il a plaidé pour une meilleure planification des opérations, en cohérence avec la loi de finances, et une maîtrise des risques opérationnels, de crédit, de liquidité et de taux.
Deux réformes structurantes pour moderniser la gestion des finances publiques
Paul Malié a rappelé que le gouvernement congolais a engagé un vaste programme de réformes visant à renforcer la gouvernance des finances publiques. Ce programme repose sur deux piliers. D’une part, la mise en place du compte unique du Trésor (CUT), dont la convention avec la BEAC est en cours de finalisation, doit permettre de centraliser les disponibilités de l’État et d’optimiser la gestion de sa trésorerie. D’autre part, le déploiement du Switch monétique national Fouta, déjà en phase pilote, vise à sécuriser et digitaliser l’ensemble des recettes publiques, qu’elles soient fiscales, douanières ou issues des services de l’État. Ce dispositif stratégique doit améliorer le rendement des recettes tout en facilitant les paiements des usagers.
Des échanges avec les agences de notation et les SVT
Les travaux de ce séminaire, animés par des experts de la Banque centrale, prévoient des séances d’échanges avec des agences de notation et le réseau des SVT, notamment Moody’s et Bloomfield Investment Corporation. Les participants, issus de la Caisse congolaise d’amortissement, du Trésor, des Impôts, de la Douane, de la BEAC et du Budget, aborderont des thèmes aussi variés que l’organisation du marché des valeurs du Trésor de la CEMAC, la Stratégie de dette à moyen terme du Congo, ou encore les techniques d’émission de titres par syndication domestique. Cette mission d’assistance technique s’inscrit dans une dynamique de modernisation de l’administration financière congolaise, alors que le pays cherche à allonger la maturité moyenne de son portefeuille et à minimiser le coût de ses emprunts.
