Yaoundé, 2 avril 2026 (CAPnews) – Réuni en Congrès depuis ce jeudi 2 avril 2026 à Yaoundé, le Parlement camerounais examine un projet de loi de révision constitutionnelle inscrit sous procédure accélérée. Le texte, qui modifie plusieurs articles de la Constitution actuelle de la République du Cameroun, introduit notamment la création d’un poste de vice-président de la République. Les députés et sénateurs sont appelés à statuer dans des délais contraints sur cette réforme d’ampleur.
Le vice-président est nommé par le chef de l’État
Selon les dispositions proposées, le président de la République peut désormais être assisté d’un vice-président, nommé librement par le chef de l’État, dont la durée des fonctions est strictement alignée sur celle du mandat présidentiel. En cas de vacance du pouvoir – décès, démission ou empêchement définitif dûment constaté par le Conseil constitutionnel – le vice-président est appelé à achever le mandat en cours. Si ce dernier est lui-même empêché ou si le poste n’est pas pourvu, l’intérim revient alors au président du Sénat, avec l’organisation d’une élection présidentielle dans un délai encadré par la loi.
Le champ de compétence de la Haute Cour de justice revue à la hausse
Le texte précise par ailleurs que le président conserve l’intégralité de son pouvoir de nomination : vice-président, Premier ministre et membres du gouvernement, ainsi que la faculté de déléguer certaines de ses compétences. En cas d’empêchement temporaire, des délégations de pouvoir peuvent être accordées au vice-président ou à d’autres membres de l’exécutif. Sur le plan judiciaire, la réforme étend le champ de compétence de la Haute Cour de justice au vice-président, aux membres du gouvernement ainsi qu’à certains hauts responsables, qui pourront désormais y être jugés pour des infractions graves commises dans l’exercice de leurs fonctions.
Une perspective affirmée de transparence
Enfin, le projet de loi instaure une obligation de déclaration de patrimoine pour un large éventail de responsables publics, au début et à la fin de leurs fonctions, dans une perspective affirmée de transparence. Cette révision constitutionnelle, si elle est adoptée en l’état, ne se borne pas à créer une nouvelle fonction exécutive : elle redessine les équilibres successoraux, renforce la responsabilité pénale des dirigeants et impose une exigence éthique inédite dans la vie politique camerounaise.
