Yaoundé, 4 avril 2026 (CAPnews) – Un vote sans appel qui enterre les garde-fous.
Réuni du 2 au 4 avril par la volonté du président de la République, le Congrès du Parlement camerounais a adopté, ce samedi, une révision constitutionnelle majeure.Par 200 voix pour, 18 contre et 4 abstentions, le projet de loi instituant un poste de vice-président a été définitivement validé à l’issue des travaux d’une commission spéciale. Une majorité écrasante qui réduit au silence les velléités d’opposition et banalise, en apparence, le remodelage des institutions.

Un vice-président sur mesure, sans contrôle ni partage
Désormais, le chef de l’État pourra nommer et révoquer librement son vice-président, lequel achèvera le mandat présidentiel en cas de vacance du pouvoir, une prérogative autrefois dévolue au président du Sénat. Le Premier ministre est maintenu, mais la nouvelle fonction, taillée sur mesure, ouvre la voie à une transmission discrétionnaire de la magistrature suprême. L’élection au suffrage universel recule d’un pas supplémentaire devant la volonté solitaire du palais.

Le Barreau du Cameroun dénonce
« Monarchie républicaine » : l’opposition étrille le passage en force
Maurice Kamto, leader du MRC, a fustigé un « coup d’État constitutionnel et institutionnel » et une « monarchie républicaine à vocation dynastique ». Le Barreau du Cameroun dénonce, lui aussi, une nomination présidentielle sans contrôle populaire. Les 18 voix contre et 4 abstentions, infimes, n’auront été qu’un signal étouffé par la mécanique majoritaire. Reste la promulgation imminente de Paul Biya, qui permettra d’appliquer le dispositif dès le mandat en cours, ouvert jusqu’en 2032. La démocratie camerounaise, silencieuse, encaisse un nouvel aménagement du sommet.

